Il était tellement beau...

Publié le par Hafiz


Il était là, il avançait avec ses airs de grand duc, son sourire
étincelant, sa peau blanchement belle, ses yeux ténébreux, sa chevelure
de feu, son ptit nez à croquer. Il avait en plus cet air que je
qualifierai de fierensoit… ou de fierdesoit… enfin… un air de kekchose
quoi.

Je sais pas si vous avez déjà connu ça, c’est bizarre comme sensation.
Je suppose que vous l’avez connu, j’veux pas dire par là que c’est un
truc à vivre absolument ou que vous êtes incapable de connaître ça
mais… enfin moi c’est kekchose qui me fait vibrer en dedans, en dedans
de moi. J’vais expliciter pour ceux qui voient pas trop de quoi je
parle, parce que kekchose qui me fait vibrer en dedans de moi c’est un
peu ambiguë. Enfin… voilà… en gros, ça donne envie d’s’taper la tête
contre un mur, comme une conne, en récitant du Baudelaire. Vous savez «
A une passante », le coup de foudre en moins électrique quoi.

J’ai tout de suite su que c’était lui. J’l’ai suivis, j’l’ai filé,
comme dans les films, avec mon gros sac remplis de tout pleins de
trucs. On est arrivé comme ça. C’est à dire, lui en marchant tout beau
qu’il était et moi en l’filant comme dans les films.

On est arrivé dans une impasse. Comme dans les films didons ! J’ai
trouvé ça bizarre même que. Quelqu’un qui s’rend comme ça, avec tant
d’assurance, droit dans une impasse. Quoi qu’il en soit, j’sais pas
trop pourquoi, il s’est retourné (peut être venait il de comprendre
qu’il s’était trompé de chemin et qu’il revenait sur ses pas, j’en sais
rien) et en me voyant, il m’a sourit. J’ai trouvé ça rigolo et j’ai
pausé mon sac par terre. Lui c’est approché, tout beau qu’il était. Moi
j’ai ouverte mon sac, toute penaude que j’étais. J’en ai sorti un
marteau. C’était un beau marteau soit dit en passant. D’ailleurs j’me
rappellerai toujours de ce qu’il m’a dit en le voyant :

 « Vous avez un beau marteau vous savez ? »

Moi, quand on me parle comme ça, ça me fait fondre. J’ai pas pu
résister. J’l’ui ai enfoncé le marteau dans son ptit nez à croquer. Ca
a fait kekchose du genre « crack » ; enfin pas exactement, mais j’ai
jamais été très bonne en onomatopée. Il est tombé par terre, comme ça !
sur le coup comme on dit ! J’ai trouvée ça rigolo même que. Alors j’me
suis sentie en confiance. J’ai vidé mon sac par terre et j’lui ai percé
ses yeux ténébreux à l’agrafeuse, scalpée sa belle chevelure de feu à
la ponseuse, bousillée sa peau blanchement belle à la scie sauteuse,
dégommée son sourire étincelant à la perceuse. Il était beau avec ses
airs de grand duc écrabouillé. Alors j’lui ai tapé la tête contre un
mur en récitant Baudelaire. Vous savez « Une Charogne ». J’étais
comblée. J’me rappelerai toujours de c’qu’il m’a dit :

« Vous avez un beau marteau vous savez? »

Publié dans La rue

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mathieu 04/07/2006 00:23

silvous plait !! voulez vous me donne cetes chanson silvousplait ??? je lorrais besoin pour l'ecole , je vous remercie deja

Jubi 19/04/2006 13:16

Surprenant, troublant, choquant ... j'ai bien aimé =)

Laura 12/02/2006 11:52

juste une envie de me plaindre comme ça...en plus tu n'es pas là alors j'en profite! hihihihihi! :-)
maintenant je vais sortir et te croiser! na!