Un éclat d'elle.

Publié le par Hafiz

Il me revient des éclats d’elle, des fragments de temps en suspension.
Des lambeaux d’instants cousus dans mon esprit par un geste similaire à celui de l’Ugolin de Pagnol.
Ils restent là, telle la cicatrice que garde le guerrier pour se rappeler de sa gloire.
A loisir je les consulte, je les déroule, les porte à mon attention, je les déchiffre et les découvre milles et milles fois. Assurément on en fait de même pour  les écrits des anciens, qui font état d’aires joyeuses et resplendissantes des fastes de Bacchus à  Rome, des charmes légendaires de Mu et d’Hyperborée. 

Ainsi il me revient ce geste énervé que faisait une petite main, un va et vient gêné qui contrastait avec la beauté d’un sourire complice.
Objectivement son bas tombait et elle le remontait avec application chaque foi qu’il en était nécessaire, répétant son geste avec l’inéducable précision d’une aiguille avançant sur le fronton d’un beffrois. Mais pour moi, le spectacle était tout autre, la maladresse de la situation était une habille manifestation de complicité que je ne pouvais ignorer. Ses yeux, ses lèvres, son visage en somme me dardait d’un regard amoureux et ce à chaque foi que la main exécutait la bien agréable besogne qui était sienne : parcourir une peau de nacre, d’une fraîche tiédeur pour attraper le récalcitrant sous vêtement et le remettre prestement à sa place.
J’aime revivre la banalité de cette scène et je l’affirme en y repensant, je n’ai rien à envier au plus heureux des hommes, je connais la félicité, Adonis tu peux bien garder Aphrodite et Perséphone, car définitivement : je n’en veux pas.

Publié dans La chambre

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Laura 10/01/2007 20:36

Qu'ais je à envier à Perséphone et Aphrodite? bien peu en somme et certainement pas un Adonis que j'ai mille fois...ces douces ne connaissaient pas Damien manifestement...non....je ne cueillerais même pas l'anémone...